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Comment sortir d'un bad run ?

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1

Voci un extrait d'un billet que j'ai diffusé sur mon blog (que je ne vais pas tarder à rapatrier sur PN). Je me dis que tout le monde est au moins passé une fois par là et qu'il est intéressant de recueillir les impressions des uns et des autres et d'échanger sur nos avis respectifs. Donc pour ouvrir ce topic, voici un extrait de ce que j'ai publié sur mon blog :
... depuis 2 mois, je subis un bad run (soit une mauvaise période pokeristique) et comme il est toujours plus facile de raconter les victoires que les déconfitures, on préfère rester muet... C'est pourquoi je ne m'étendrai pas sur mes résultats aux SCOOP 2011 par exemple...

Si je me remets à écrire, ce n'est pas que le good run est de retour, c'est juste que j'ai envie de partager ces moments pokeristiques difficiles et ces périodes de doutes... Enfin, il ne faut pas trop s'alarmer non plus, ma bankroll et mon moral sont loin d'être à zéro Cool . Aussi, écrire, ça aide à analyser, à évacuer et à essayer de sortir enfin de cette spirale infernale. De nombreux joueurs vous diront que 2 mois de bad run ce n'est rien et que cela peut durer beaucoup plus longtemps, certes...
Mais pour moi, c'est le plus long que je subis depuis le jour où j'ai décidé de m'y mettre sérieusement (1er janvier 2010) et que je veux en sortir donc, soit je me dis que ça va tourner, que c'est la variance, que ça va revenir et blablabla, blablabla... et je continue comme depuis 2 mois, soit je me bouge et j'essaie d'en sortir le plus vite. On sait qu'un bad run prolongé entraîne de l'agacement, un manque de confiance, une baisse morale et que ces éléments vont à l'encontre de l'état psychologique qu'il faut pour enchainer les sessions de MTT en toute sérénité et qu'ils entraînent une baisse du niveau de jeu et accentuent encore le bad run, ce bad run qui entraîne de l'agacement etc... et voilà on est dans la spirale.
Je n'ai pas de solution miracle mais je vais essayer de mettre toutes les chances de mon côté.
Alors comment vais-je procéder ?

Tout d'abord analyser la période écoulée qui a déjà connu des bad run (et des good run aussi).
Pour analyser correctement, il faut prendre le recul nécessaire et pour prendre ce recul, il faut faire un break (je n'ai aucune notion du temps nécessaire) mais ce n'est pas en restant la tête dans le guidon que l'on peut être objectif. Je vais donc faire quelques MTT tranquillement à petit buy-in (à l'exception de dimanche prochain car j'ai un ticket pour le Sunday Spécial de Pokerstars et un pour le 100K garanti de Full Tilt) et je reprendrai le grind actif que lorsque j'en aurai terminé avec cette analyse.
Je pense qu'il faut pouvoir analyser les éléments extérieurs au poker qui jouent sur un état psychologique général (fatigue, lassitude, euphorie, stress, motivation etc...) et qui finalement auront un impact direct sur le jeu. Pour faire le lien, je vais comparer ma courbe de résultats avec les éléments extérieurs et avec mon style de jeu.

Pour ça, je me munis d'un tracker, Holdem Manager, pour ne pas le citer. Je vais donc analyser ma courbe de gains, associée à mon style de jeu et à certains évènements de ma vie. Je vais essayer de mélanger tout ça et j'espère pouvoir en tirer certaines conclusions.
Je ne manquerai pas de vous en donner les résultats et surtout les éléments qui m'auront permis de tirer ces conclusions. Ensuite, je m'appliquerai à mettre en place les correctifs et on verra si cela stoppe le bad run.

{a-Hearts}{a-Diamonds}Lorenzo
http://thegamblers.jeblog.fr/

2011-05-27 19:06 / 2011-05-27 19:17

AALorenzo79 (Hors Ligne) A écrit 54 posts
depuis 2010-12-05

Beginner

2

et moi comment jfais pr analyser, car ma vie = poker

!!

2011-05-27 19:14

LeGlorieux56 (Hors Ligne) A écrit 1354 posts
depuis 2011-01-09

Veteran

3

lol

[b]http://my.pokernews.com/FlushDrew/blog/ [/b]

"La vie est une succession de Hold-Up"
"L'abus de modération, nuit gravement à la consommation"

2011-05-27 20:39

FlushDrew (Hors Ligne) A écrit 5472 posts
depuis 2007-10-16

Poker Wizard

4

comment sortir d un bad run? par la fenetre.

M{a-Hearts}G , road to Sunday million ;)

2011-05-28 14:29

rrroouuu (Hors Ligne) A écrit 5615 posts
depuis 2010-10-16

Poker Wizard

5

.

...............I was here.........................

2011-05-28 20:50 / 2011-07-16 00:10

miroula (Hors Ligne) A écrit 4419 posts
depuis 2007-05-04

Maniac

6

Déjà tu me parais serein et objectif. Faire un petit break ne fait jamais de mal. Revoir ses sessions, poster les mains qui nous posent pbe, voir des vidéos, etc... bref tous les trucs que tt le monde connait et que je ne fais jamais systématiquement, sauf se remettre au sport obv Whistling .
Moi qui joue un assez petit volume, je sais qu'un bad run sur 2 mois est ma norme. J'ai encore du mal à l'accepter. Aussi les questions que tu te poses sont naturelles.
Parfois pour me rassurer je regarde la courbe de certains top regs, et après avoir vu celle de Thibavol dont le skill est indiscutable, je vais tout de suite beaucoup mieux...
Donc gl à toi, car ce qui est formidable avec les bad run, c'est qu'un jour ils s'arrêtent (après le Mal n'existe que si on le compare au Bien...).

Tiens bon M{a-Hearts}g

Bécasse ou ça passe. http://my.pokernews.com/bksinn/
{10-Spades}{4-Spades}
Le plo c'est rigolo.

2011-05-29 01:18

bksinn (Hors Ligne) A écrit 4199 posts
depuis 2008-06-13

Maniac

7

Salut Lorenzo !

BadRun is my middle name. C'est même ma condition existentielle au poker. Ca tient en grande partie au fait que je joue souvent conservateur, par exemple en refusant de prendre un risque en 40/60 à tapis, genre fd contre top pair. TAG = bad beat, c'est mathématique, tu en mets quasi jamais et tu en prends un max. Apres pour le reste ben c'est la variance, blablabla on connait tous le refrain.

Mais la question que tu poses est en elle-même fausse (imo) et les solutions que tu entrevois n'y répondent pas. Je m'explique. Tu demandes "comment sortir d'un bad run ?" comme si on y pouvait quelque chose. Soyons clair IL N'Y A PAS DE SOLUTION MIRACLE. Changer de room, d'heures, de pseudo, de caleçon, de pays, tout ça ne sert à rien. Le BAD RUN est un genre de délire cosmique auquel tu ne peux RIEN. De +, bad run = tu perds la majorité des coups favoris à tapis (en général) or si tu te retrouves favori sur la plupart de tes situations allin, en gros tu joues bien et il n'y a rien à changer à ton jeu (a priori, en bonne logique.

En revanche, tu apportes des réponses à d'autres questions qui elles sont (imo) parfaitement valides :

- Comment GERER un bad run (psychologiquement) ?
- Comment minimiser l'impact d'un bad run (financierement) ?

A chacune de ces questions tu apportes des réponses concretes et intelligentes, notamment "faire un break" pour la N°1 et "baisser les buy-ins" pour la N°2. En fait ces deux reponses me semblent même automatiques à quelques nuances près.

Pour ce qui est de la gestion psychologique, je pense que vu qu'on va criser au vu des résultats, une solution est de réduire le temps de jeu aux heures qui te conviennent le mieux, celles où tu prends le plus de plaisir à jouer et profiter du temps libre pour te remettre à d'autres intérêts, voir des amis qui s'en tapent du poker, retrouver du plaisir dans d'autres domaines (le sport en chambre c'est pas mal haha). Une bonne matinée à la piscine, à suer sur un vélo ou autre, une activité avec un résultat indépendant de toute notion de réussite (comme faire le marché, aller voir une expo, se balader en foret que sais-je encore) permet de déconnecter de la pression d'obligation de résultat qui rend le bad run encore plus invivable.

Pour ce qui est de l'impact financier, continuer à jouer sur un rythme soutenu sachant que les résultats ne suivent pas est forcément compliqué. En cash game il est évident qu'une solution facile est de descendre de limite pour retrouver la confiance, prendre de l'argent plus facilement dans des spot inexistants à la limite supérieure etc.... En tournois la logique est similaire imo.Tant qu'à bad runner, autant que ca coute le moins cher possible. Je suis assez adepte de la méthode qui consiste à rentrer la tête dans les épaules et attendre des jours meilleurs pour se remettre à fond dans le rythme habituel. En revanche je crois pas du tout au "break" de trois semaines tant que Mars est aligné avec Venus ou jsais pas quoi. Mon expérience c'est qu'il faut épuiser ton quota de déchatte avant que la roue tourne. Pour moi la variance se fait sur un nombre de coups joués, pas sur une période donnée.... En d'autres termes tu vas bad run sur 800mtt quoique tu fasses et quelque soit le buy-in, donc vaut mieux jouer 100 x 5€ que 5x 100€ imo. Un avantage caché de cette méthode c'est qu'en mode R.A.B tu vas les payer tes 40/60 que tu ne veux pas jouer dans tes mtt sérieux.... Un bon remède contre le bad beat c'est qd mm d'être tout le temps derriere comme ca tu déchattes, tu joues juste comme un gros retard et tu perds, la vie est bien faite, et descendre de plusieurs limites est une bonne condition pour jouer en mode R.A.B.

En ce qui concerne mon experience perso, je ne vais pas aller tres loin, suffit de regarder ma sharkscope le bad run court sur 600+ mtt avec les SCOOP au milieu (0% itm contre 18%/24% ITM en temps normal), mais ca a badrunné en cg NLHE, en PLO, sur toutes les rooms et quelque soit l'heure du jour ou de la nuit..... Il y a un truc que j'ai toujours constaté, c'est que plus le bad run est dur, plus le good run derriere est violent. Dernier exemple en date très récent donc, défoncer le TLB weekly en une journée, là on est samedi et je suis encore top 3 en ayant joué dimanche et un peu lundi (mardi = bug). C'est pas un brag, et même le contraire, cette réussite est juste ridicule, d'autant plus quand tu passes de 2/10 cf à 8/10 et encore les deux que tu perds n'ont aucune conséquence. C'est largement aussi débile que le bad run, ca m'a remboursé laaaaaaaargement des 800 mtt en déchatte permanente (SCOOP compris, je n'y croyais mm plus vu les bi qu je joue) et en plus ça m'a même permis de franchir une étape technique au niveau de mon jeu. Résultat, un jour a effacé 6 mois de daube, et ça non plus je pensais pas que cétait possible.

On a (au moins) un gars sur le fofo qui run comme un chien galleux, suffit de voir ses hh pour comprendre qu'il y a un pb tout comme il lui avait suffi de me suivre sur qq mtts pour comprendre l'ampleur de la cata. De ce que j'en vois, son truc c'est un bad run d'un autre monde, je sens bien qu'il fait de son mieux pour gérer ça mais que, psychologiquement comme financièrement, c'est juste destructeur au possible. Je luis souhaite bon courage ainsi qu'à toi, car ces périodes sont vraiment dures à gérer, mais c'est là que tu vois ce qui ont les nerfs assez solides pour résister. Je compare ça au mec qui prend un bad et insulte son adversaire au lieu de lui dire 'nh' et lui serrer la main en gentleman (voire en le remerciant de son louable effort d'avoir essayé de te restack ^^)....

Personnellement à un moment j'ai regardé le casque-micro que j'avais explosé sur un suckout (d'autant qu'à la street d'apres j'ai resuck, mdr) et me suis dit que comparativement à ceux que je connais qui balancent des iphones, des PCs ou des souris à travers la pièce, j'avais win un sacré rakeback en ayant pété qu'un truc à 20€ !! Au final je sais maintenant apres XXXX mtt online que de toute facon telle est ma condition : bad runner pour mieux perfer. Comme BKSINN et d'autres ma courbe va faire youplaboum mais tt ce qui compte, vu que jai la chance de ne pas vivre de cette activité, c'est qu'entre temps je maximise le plaisir (c'est le cas en ce moment), minimiser le tilt (même en good run on tilte ca c'est enorme qd mm lol) et surtout au final être gagnant.

On ne décide pas plus de sortir d'un bad run que de gagner au loto ou tomber amoureux. L'essentiel c'est en attendant de s'amuser en cochant sa grille ou en imaginant qu'on peur rencontrer la femme de sa vie le lendemain. Le plus important c'est de garder l'esprit clair et les yeux ouverts, de ne pas rater sa chance quand elle arrive, c'est valable pour tout y compris au poker. Pour ça je crois que la meilleur solution c'est d'accepter que comme au taf ou dans la plupart des domaines, on trime comme des tarés pour quelques moments de grâce. Le mec qui met des haricots en boîte toute la journée au taf, il serre les dents pour ses deux semaines de vacances annuelles à Palavas, c'est son bad run / good run à lui et franchement à choisir je préfère les notres ^^

Bon j'arrête mon roman lol, sorry le sujet m'a inspiré !!!

VGG M{a-Hearts}G !

2011-05-29 02:31 / 2011-05-29 02:34

Modjo (En Ligne) A écrit 11098 posts
depuis 2008-11-28

Moderator

8

En effet mo tu as été inspiré sur ce sujet. Bon en même temps ça te connait Big Grin

J'écrirais mon avis demain Smile

2011-05-29 04:03

sniperpros (Hors Ligne) A écrit 7036 posts
depuis 2006-10-09

Moderator

9

y'a du vrai dans le modjo et du moins vrai imo

vrai : le bad ne s'arrête pas parce qu'on s'arrête ou quoi que ce soit.

En fait, le bad n'existe pas, c'est juste une création de notre cerveau qui a observé ce qu'il pense être des "motifs". Exemple, j'ai perdu 17 flips sur 17 joués, je run bad, c'est terrible. Le lendemain 1/8 (je crois), putain de bad run. Oui et non. Nos résultats ne sont pas liés à une statistique particulière. Si je perds 17 flips sur 17 mais gagne le 2outer qui me rapporte 50 fois plus, est-ce que je run réellement bad ? Et si, en fait, j'ai à côté de ces 17 flips perdus 6 setups AAvKK/KKvQQ, run bad ou pas ? Il est quasiment impossible de déterminer si réellement on run bad. Il est très facile de s'en persuader. Mais, pour l'essentiel, c'est juste un attachement émotionnel à une ou deux statistiques qui ne signifient rien prises isolément.

Le bad est tellement fictif qu'il peut aussi masquer la réalité. Fallait-il jouer ces 17 flips ? Et pourquoi seulement 8 le lendemain ? Si j'avais eu 2x plus de stack à chaque flip, quelle différence cela aurait-il fait ? Penser en terme de good/bad run empêche en fait de penser aux questions qu'on devrait/pourrait, en réalité, se poser.

Du coup, le bad run a tendance à s'auto-entretenir. Il peut être réel, même si l'hypothèse la plus probable est qu'il ne l'est pas. Mais on ne dispose en fait d'aucun moyen de vérifier sa réalité mis à part sur la durée. Mais le problème sur la durée est qu'il peut alors s'agir plus d'un tilt généré par le sentiment de bad runner que d'un bad run réel.

Toutes ces raisons font qu'on ne peut pas "sortir" d'un bad run. Tout simplement car, celui-ci n'existant pas réellement, on n'y est en fait jamais entré. Et ce, même si, en fait, il existe réellement (le bad run n'existe pas mais, statistiquement, on peut et on va tous vivre des périodes "d'anomalies statistiques" défiant l'entendement) ou a existé à un instant-durée donné.

Au final, la seule solution pour sortir d'un bad run, c'est d'améliorer sa qualité de jeu. Plus on joue un A-game, et meilleur est notre A-game, moins le bad run aura d'effets (si tant est qu'il existe réellement). Evidemment, ça coince avec le fait que notre cerveau, qui a détecté un motif, va tellement se focus dessus qu'il est bien en mal de penser autrement/à autre chose. Exemple avec mes flips. Plus je vais en perdre à suivre, plus ma réaction va s'orienter vers la recherche de flips pour en gagner un ou, à l'inverse, chercher à éviter les flips. Quelle que soit la direction prise, on s'écarte en tout cas du jeu optimal (sort du A-game) et on entretient la paranoia qu'a créé notre cerveau.

Et c'est toute la difficulté de la chose. Notre cerveau crée un univers paranoiaque et s'y enferme.

Sortir d'un bad run équivaut en fait à sortir de la prison mentale dans laquelle on s'est enfermé.

Donc, tout ce qui va nous permettre de briser le schéma est positif.

Du coup, pour certains, effectivement, faire un break de 5 jours ou 3 semaines peut être une solution. C'est absurde (cf modjo, un bad run réel n'est en effet pas lié au temps pour ce qu'on en sait. Croire l'inverse va nous amener tout droit dans l'univers chaotique de la superstition et, là, gl pour assurer un A-game tout en évitant l'asile) mais si ça peut "reset" notre cerveau, why not. Malheureusement, souvent, le stop2refresh est une illusion. Le motif est toujours ancré dans notre cerveau et rejaillira à la première occasion (arf, un flip, on va bien voir si la chatte est revenue. sdrbgsrbghjq jhtqerjhyjkeybjketyjehj et- c'est reparti pour un tour avec cette fois une conviction ancrée encore plus profondément).

Descendre de limite peut aussi être une solution. On va en effet trouver des fields plus softs sur lesquels on sera plus proches de notre A-game (ou, disons que sur ce field plus faible, notre B-gampe peut être aussi/plus gagnant que notre A-game sur un field plus relevé). On va donc jouer de meilleures situations qu'on en a l'habitude et on va pouvoir reprendre confiance pour, à terme, rendre le motif "bad run" caduque. Malheureusement, ce n'est pas non plus une solution parfaite. Notre jeu va connaître une période d'adaptation. On peut développer de mauvais réflexes. Ou remettre en cause de bons plays qui ne sont juste plus afficaces en descendant de limite. Et, généralement, faire ce genre de yoyo entre 23 limites va avoir tendance à freiner notre progression. Techniquement parlant mais aussi "financièrement" et moralement car on risque alors une forme de tilt bien plus grave : se créer la conviction qu'on est, en fait, fait pour la limite où on vient de descendre. A terme, on peut mentalement renoncer à progresser.

Changer de discipline est aussi une façon de briser le motif. Mettre de côté le CG pour faire des MTT. Ou jouer une autre variante (gg.fr). Les situations changent, notre cerveau va s'adapter. Mais, là aussi, il y a des trucs qui clochent. Passer du CG aux MTT, par exemple, implique de jouer avec une variance plus élevée. Même chose pour un séjour en Omaha. Là, on court potentiellement au désastre en combiant faiblmesse de jeu (B/C-game), variance plus forte et domaine moins maîtrisé techniquement. Je suis un spécialiste de la chose, rien de tel pour exploser en kk jours une BR... (imploser ?)

Toutes ces solutions, et bien d'autres, peuvent permettre de briser le motif créé par notre cerveau. En même temps, elles vont, imo, plus souvent générer des problèmes qu'autre chose. Et des problèmes qui seront bien plus difficiles à résoudre.

De fait, la seule solution totalement efficace pour sortir d'un bad run est de ne pas y rentrer. D'éduquer notre cerveau pour qu'il ne prête pas attention à l'instant. Ou pour qu'il le gère comme il le devrait. Tu perds tous tes flips, c'est énervant. Mais ça arrive. Ca doit arriver. Statistiquement parlant, gagner seulement 20% de ses 50/50 sur une période (échantillon) x a une probabilité de 100%. On va passer des journées sans voir JJ+. On va tous (si on joue tous un nombre de mains infini) se fraire craquer les As cinq fois de suite. Personne, par contre, n'est capable de se rappeler d'une journée où il a gagné 64% de ses 40/60. Ni passé toute la journée sans jamais recevoir 95o-. Et jamais on ne va considérer le fait de gagner 5 fois de suite avec AA comme un good run (alors que, statistiquement, c'est aussi une anomalie).

(la suite plus tard)

Un peu de stratégie sur la chronique kipik : http://fr.pokernews.com/news/tags/Kipik/. Et mylife sur http://kipik.blogspot.com/

2011-05-29 12:59 / 2011-05-29 13:46

kipik (Hors Ligne) A écrit 3611 posts
depuis 2007-12-19

Maniac

10

L'esprit humain a beaucoup de difficultés à saisir le hasard. Intuitivement, une séquence XOXOXOXOXO nous paraît plus logique pour représenter le hasard qu'une séquence XXXXOOXXXXOOOXOXOOOOX.

Enfin peu importe, l'idée est que les run n'existent pas. Chaque main est indépendante de l'autre. Les bad run n'existent que parce qu'on se les représente graphiquement, mentalement, psychologiquement.
Donc le premier truc pour sortir d'un bad run, c'est IMO de se dire que ça n'existe pas, ou alors seulement dans notre tête.
Dans tous les cas, penser en termes de run nous empêche de nous concentrer sur ce qui compte: améliorer notre jeu.

Un bad run, ce n'est pas principalement une mauvaise suite de cartes. C'est surtout l'incapacité à garder une bonne qualité de jeu. En général on tilt, ou on cherche à adapter son jeu (tenter de réduire la variance par ex), et on remet en cause des choses qui vont pourtant très bien.

Run = construction mentale.

Stop spewing, stop whining, start learning, start winning.

http://my.pokernews.com/Mr_Sneeze/blog/

2011-05-29 13:11

Mr_Sneeze (Hors Ligne) A écrit 4861 posts
depuis 2007-12-07

Maniac

11

Good post de Kipik Thumb Up

Stop spewing, stop whining, start learning, start winning.

http://my.pokernews.com/Mr_Sneeze/blog/

2011-05-29 13:12

Mr_Sneeze (Hors Ligne) A écrit 4861 posts
depuis 2007-12-07

Maniac

12

Pas trop d'accord avec l'idée que le bad run n'existe pas. Si on est 10 all-in avec AA, on "doit" STATISTIQUEMENT gagner 8 fois. Si on gagne 9 fois, on "goodrun", si on gagne 7 fois on badrun. Ce qui n'existe pas la dedans, c'est la "logique", la "justice" ou le "mérite" dans la succession de la série. C'est la part de hasard sur laquelle le joueur n'a aucune possibilité d'agir, ce qui ne veut pas dire que ça n'existe pas ou que ça n'a pas de conséquences.

En revanche, comme dit justement Modjo, les deux points sur lesquels le joueur peut agir sont les aspects psychologiques et financiers. Donc c'est sur ceux là qu'il faut se concentrer.

Si fractus illabatur orbis/Impavidum ferient ruinae
Les problèmes significatifs auxquels nous devons faire face ne pourront jamais être résolus au niveau de réflexion de ceux qui les ont crées (Albert Einstein)

2011-05-29 16:23 / 2011-05-29 16:24

AceKicker221 (Hors Ligne) A écrit 2403 posts
depuis 2006-11-23

Moderator

13

je me termine Wink

je ne dis pas que le bad run n'existe pas, je dis qu'il existe pas.

Statistiquement, tout est possible, y compris le plus improbable. Est-ce que pile peut tomber 100 fois de suite du même côté ? Oui, aucun problème. Ca n'est en rien un bad run. C'est juste un bad run pour celui qui aura parié face encore et encore parce que "bordel, mais ça va s'arrêter cette série oui ?". Statistiquement parlant, c'est totalement normal. Ca ne devient anormal que lorsqu'on parie face. Ou qu'on se croit le plus chanceux des hommes parce qu'on mise sur la suite et que le monde s'arrête tandis que la foule s'extasie sur notre "cul, c'est pas croyable, ça fait plus de 20 fois qu'il parie pile et c'est encore pile wowwwwwwwwwwww"

Pousse la partie à l'infini et y'a pas de bad. ni de good. Juste une suite de 50/50 avec toutes les variations possibles.

Il n'y a du good/bad que parce que notre cerveau espère un résultat et en obtient un différent . Même dans le cas du gars qui parie pile...

POur le joueur de poker, c'est plus pervers. Dans nos estimations du futur, notre projection, on le fait en s'appuyant sur une expérience passée qui, en réalité, représente souvent un échantillon faible. Mais, au final, on s'habitue à un certain niveau de réussite et on espère le même sur la suite. Ce qui rend, généralement, très difficile la compréhension d'une période où les choses semblent mal se passer. Notre cerveau a tendance a surestimer notre edge, et les edges en général. Tout comme il sous-estime la variance qui reste une belle inconnue pour lui. Si je fais trois mois de suite à 30k hh à 6bb/100, je m'attend naturellement à faire 6bb/100 le prochain mois (ou plus car mon edge augmente). Derrière, je fais un mois à 2bb et un à 0. Bad run ? Equilibrage (mon winrate est en fait alors plus proche de 4 que de 6) ? Echantillon trop faible (en fait, mon winrate réel est quelque part entre 0 et 5bb) ?

Si derrière je fais un mois à 8, normal ? Ah "ça" revient. Fin du bad. Notre cerveau va automatiquement repositionner notre winrate sur le 6+. C'était juste une mauvaise passe...

Malheureusement, nous ne sommes pas des machines. Nos sentiments, notre état de forme physique et mental interviennent dans nos résultats. Un peu de lassitude, d'autres envies, moins de concentration, voire des détails infimes comme une instalation légèrement différente, ou un rythme légèrement différent, ou le choix de musique de fond, n'importe quoi va avoir une influence sur notre jeu.

Or, à partir du moment où on raisonne "bad run", on élimine aussitôt tous ces facteurs pour n'en retenir qu'un seul : la chance. Et, ce, même si, effectivement, on est dans une période où on run pas terrible. Statistiquement, ça arrivera. Le problème est de considérer notre niveau quand les choses se passent bien et non quand les choses se passent moyennement. Si je gagne 6bb quand les choses se passent bien, alors je gagne probablement 3-4 en moyenne. SI je réagis émotionnellement à ce genre de situation "négative", alors j'augmente ma fréquence de C-game et je gagne finalement probablement pas plus de 2bb/100.

(la suite plus tard)

Un peu de stratégie sur la chronique kipik : http://fr.pokernews.com/news/tags/Kipik/. Et mylife sur http://kipik.blogspot.com/

2011-05-31 13:54

kipik (Hors Ligne) A écrit 3611 posts
depuis 2007-12-19

Maniac

14

Le run, c'est un peu le chat. Il existe en permanence good et bad. Comme il existe simultanément deux résultats à une situation où les tapis volent. Quand on joue un 70/30, on gagne 70% du temps ET on perd 30% du temps. Les deux existent en même temps, en simultané. Aucun résultat n'est plus réel que l'autre. C'est seulement notre perception (l'observateur) qui va en rendre un plus réel dans son univers. Chaque résultat conforme à notre espérance conforte cette impression de réalité. Chaque résultat contraire génère de la frustration, l'impression que les choses, l'univers, ne tournent pas correctement. Appliqué sur une période de temps assez longue (genre, plus d'une semaine), et en pondérant la frustration plus fortement que la satisfaction (c'est la façon dont notre cerveau fonctionne, un négatif pèse en gros deux fois plus lourd qu'un positif), le sentiment de bad run est inévitable. Mais il n'est pas forcément réel du fait de cette pondération différente entre positif et négatif.

Pas facile de faire des graphs sur un fofo donc imaginez : vous gagnez le flip, votre indice de satisfaction/frustration monte de 1. Vous perdez un flip, votre indice descend de 2. +1, -2, +1, -2, +1, -2 etc etc etc. Vous aurez beau gagnez 50% des flips, votre cerveau gagnera en permanence en frustration. Même en runnant normalement, notre cerveau se dirige vers la frustration. Et on a tous un seuil de résistance avant que la frustration ne devienne trop forte. De fait, même en runnant good, il reste possible de générer assez de frustration pour risquer de tilter.

Toutes ces raisons font que, même si le bad run existe, il n'existe pas réellement. C'est la perception qu'on en a qui le rend réel. Et cette réalité est possible alors même que, en fait, on run good.

C'est encore pire pour un joueur de MTT. Le principe de base des MTT est d'optimiser les chattages. Qui est une façon plus réaliste de dire "il faut chatter pour gagner un MTT". Cette expression est certes vraie mais elle n'est pas suffisante. Il faut chatter pour gagner en MTT, no problemo. MAis le bon joueur de MTT, celui qui gagnera, sera celui qui optimisera le mieux ces suites heureuses. Tout le monde chatte (même si chatter est juste gagner un ou deux flips ou 80/20). Tout le monde n'en fait pas la même chose.

De fait, pour un joueur de MTT, le bad run est la norme. Le moyen n'existe pas. Et le good run est l'exception sur laquelle on fait nos gains. Jeu de cons. Mais sur lequel un bon joueur peut faire 60-100% de retour sur investissement (uniquement en optimisant le good run). C'est l'autre façon de dire que seul le top 3 est intéressant. Mathématiquement parlant, une 4ème place n'est pas suffisante (à quelques exceptions), à long terme, pour générer le retour espéré à long terme. Optimiser nos good runs revient donc à les transformer en top 3 où le gain est suffisant pour 60% de ROI en dépit de la variance.

Pour un joueur de MTT, se plaindre du bad run est donc absurde. C'est la norme. Que tu fasses un petit ITM et perde un huge pot pour top 3 en top18 ou busto à la première main n'a, en fait, aucun impact sur les résultats à long terme. Top 3 or never happened. Ce qui est frustrant, c'est le délai qui peut exister entre deux good runs.

Un joueur de MTT qui se plaint et cherche à sortir d'un bad run est juste un joueur de MTT qui n'a pas fait de bons résultats depuis trop longtemps à son goût et n'a donc pas récemment eu de good run. Pour lui, la meilleure façon de sortir du bad run est simple : avoir un good run et le transformer en top 3 Wink

Là où ça rejoint la problématique du joueur de CG, c'est la notion de "trop longtemps à son goût". Là aussi, ça suppose une "normalité" de résultat à laquelle on espère. A tort ou à raison, question de sample et de réalisme. Or, pour beaucoup, la majorité, rien ne prouve cette normalité.

la suite as usual

Un peu de stratégie sur la chronique kipik : http://fr.pokernews.com/news/tags/Kipik/. Et mylife sur http://kipik.blogspot.com/

2011-05-31 14:30

kipik (Hors Ligne) A écrit 3611 posts
depuis 2007-12-19

Maniac

15

T'façon, online is rigged for everyone !

« Si ils relancent, je les 3-bet. S'ils 4-bet, je les 5-bet. Et si ils 6-bet, ben je passe vu que j'ai une poubelle. » Ludovic "Sir Cuts" Lacay
Du changement ... http://blogs.pokernews.com/fiskeninho/du-changement.htm

2011-05-31 14:34 / 2011-05-31 14:34

fiskeninho (Hors Ligne) A écrit 5183 posts
depuis 2007-12-18

Poker Wizard

16

Ca pourrait presque faire un article stratégique de Kipik Smile

2011-05-31 15:29

sniperpros (Hors Ligne) A écrit 7036 posts
depuis 2006-10-09

Moderator

17

joli pavé fisk Alien

{8-Hearts}{7-Hearts}{3-Hearts}{5-Hearts}{q-Hearts}

2011-05-31 16:12

AL-4-AS (Hors Ligne) A écrit 2585 posts
depuis 2007-11-27

Maniac

18

kipik a écrit

Pousse la partie à l'infini et y'a pas de bad. ni de good. Juste une suite de 50/50 avec toutes les variations possibles.

Il n'y a du good/bad que parce que notre cerveau espère un résultat et en obtient un différent .

Certes. mais l'infini, on s'en fout un peu (beaucoup ? totalement !). D'abord parce qu'on n'est pas éternel, ensuite, parce qu'aucune bankroll n'est inépuisable.
Je vais prendre un exemple hors poker. En ce moment, on entend parler de la sécheresse et des problèmes pour les agriculteurs. En moyenne, chaque année, il danttombe XX millimètres de pluie par jour. Le problème, c'est que s'il ne pleut pas pendant 3 trois mois, tout crève. Alors peut-être qu'il va pleuvoir pendant tout juillet/août pour "équilibrer" la moyenne, mais si les cultures sont fanées entre temps, ca ne servira à rien ... ce n'est pas UTILE

kipik a écrit

Quand on joue un 70/30, on gagne 70% du temps ET on perd 30% du temps. Les deux existent en même temps, en simultané. Aucun résultat n'est plus réel que l'autre

Les deux seront aussi "réels" l'un que l'autre le jour où on pourra mettre ses "sklansky bucks" dans une tirelire façon The Micros Wink

pour dire, le court terme, ce n'est pas le but ultime, ok, mais on est bien obligé d'y passer pour arriver au long terme. Et le nier, c'est imo, le meilleur moyen de jamais sortir du "badrun".

Si fractus illabatur orbis/Impavidum ferient ruinae
Les problèmes significatifs auxquels nous devons faire face ne pourront jamais être résolus au niveau de réflexion de ceux qui les ont crées (Albert Einstein)

2011-05-31 17:55 / 2011-05-31 17:56

AceKicker221 (Hors Ligne) A écrit 2403 posts
depuis 2006-11-23

Moderator

19

kipik a écrit

L Quand on joue un 70/30, on gagne 70% du temps ET on perd 30% du temps. Les deux existent en même temps, en simultané. Aucun résultat n'est plus réel que l'autre.

Je viens de comprendre ce que venait foutre "le chat" dans ton analogie Big Grin

nice one Smile

L'expérience du chat de Schrödinger

VGG M{a-Hearts}G !

2011-06-01 04:55 / 2011-06-01 15:34

Modjo (En Ligne) A écrit 11098 posts
depuis 2008-11-28

Moderator

20

Downswing : Comment prévoir et gérer une série de pertes au poker

Un "downswing", qui pourrait se traduire en français par un "mouvement vers le bas", est le terme utilisé au poker pour désigner une série de résultats inférieurs aux résultats que peut espérer un joueur. Sur une certaine période, un joueur gagnant va gagner moins (voire perdre), un joueur "breakeven" (à l'équilibre) va perdre et un joueur perdant va perdre encore plus vite. Tous les joueurs rencontrent un jour ou l'autre une mauvaise passe ("bad run"Wink qu'il faut savoir anticiper et à laquelle il convient de réagir correctement pour éviter de faire banqueroute.

http://fr.pokernews.com/strategie/downswing-prevoir-et-gerer-une-serie-de-pertes-au-poker-8545.htm

VGG M{a-Hearts}G !

2011-06-01 15:32

Modjo (En Ligne) A écrit 11098 posts
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Moderator

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