WSOP 2006 - Une leçon façon Doyle Brunson

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Dans son livre légendaire "Super System", Doyle Brunson a écrit : "On pense que je suis un joueur très chanceux parce qu'à chaque fois qu'il y a un gros pot sur la table, j'ai très souvent la pire main".

Lorsque j'ai lu cette ligne pour la première fois, je n'ai absolument rien compris. A vrai dire, ce n'est pas tant la phrase de Doyle qui n'avait pas de sens pour moi à l'époque mais bien le Poker dans son intégralité. Je n'ai relu Super System que l'année dernière. Lorsque j'ai redécouvert cette phrase mythique, je baignais toujours dans une grande incompréhension. Je ne comprenais tout simplement pas ou peut-être je n'étais pas encore prêt à saisir le sens, vu qu'à l'époque je pensais encore qu'il fallait toujours relancer lorsque l'on est à tirage couleur.

Heureusement je ne suis pas le seul dans ce cas. Bill Elder me racontait dernièrement que c'est précisèment cette phrase qui a changé son jeu pour toujours. Mais il y a toujours de l'espoir pour mon jeu car voici ce qui lui est passé par la tête le jour où il a lu cette phrase pour la première fois :

"Quoi ?"

à la seconde lecture :

"Comment ça ? Doyle ?"

à la troisième reprise:

"mais il es fou ?"

mais après la quatrième lecture (les pensées de Doyle nécessitent en général au moins 4 lectures), il en a saisit le sens!

A peu près un an plus tard, Bill a raconté cette histoire à Gavin Smith et Gavin lui répondit :

"Même chose pour moi ! Même phrase, mais j'ai compris au bout de 3 fois." (Gavin a toujours assimilé très vite)

La seconde partie de cette petite leçon de Poker est un peu plus complexe. Vous devez développer une stratégie bien différente de la méthode classique qui est de jouer serré ! C'est à partir de ce moment que vous pourrez peut-être "entrevoir" pourquoi la plupart des meilleurs joueurs au monde gagnent leurs jetons lorsqu'à priori ils ne partent pas favori. J'ai raconté à Doyle l'histoire de Bill & Gavin et voici ce qu'il m'a expliqué à propos de cette stratégie :

"A vrai dire c'est un fait établit, qui était vrai quand je l'ai écrit et qu'il l'est encore aujourd'hui."

Je vais laisser Doyle vous donner lui-même la leçon compléte mais souvenez vous qu'il vous faudra la relire quelques fois pour vraiment la comprendre si vous être comme moi.

"Je pense que je suis un joueur chanceux parce qu'à chaque fois qu'il y a un gros pot sur la table, j'ai très souvent la pire main. Il y a de bonnes raisons à cela. Je suis un joueur très agressif. J'ai l'habitude d'être dans beaucoup de petits pots que j'essaie d'arracher. Je mise toujours dans ces pots en essayant d'assomer les autres adversaires et je ne veux pas qu'un joueur vienne changer cela. Je ne veux pas que quiconque puisse battre mon style de jeu. Si j'ai n'importe quel style de main, n'importe quel tirage, je vais miser. Si je me fais relancer, je ne lâche rien. Je persiste en mettant tout mon argent dans le pot s'il en vaut la peine, en sachant que j'ai probablement la pire des mains et que je ne suis donc absolument pas favori pour remporter le pot."

"Maintenant, peut-être que vous pouvez mieux comprendre ce que j'ai expliqué. Lorsqu'un gros pot se forme, j'ai en général une plus mauvaise main que le joueur d'en face. Ce joueur touche finalement sa combinaison maximum ("the nuts") et c'est ce que je cherche dans les gros coups. Mais à vrai dire j'ai déjà payé pour ce gros pôt grâce à tous les autres pôts que j'ai remporter avant. Donc en fait je joue avec les jetons des joueurs moyens en face de moi (et avec les jetons de tous les joueurs moyens présents à mes tables auparavant)."

NDR : retrouvez Doyle sur sa propre salle : Doyle's Room

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