WSOP 2017 EN DIRECT
2017 World Series Of Poker Le coverage du PSF Lille

Le Psy du Poker : jeux d'argent, poker, mêmes pathologies ?

Le Psy du Poker : jeux d'argent, poker, mêmes pathologies ? 0001

Question : la dépendance au poker et celle pour des jeux d'argent font-ils partie du même débat ? Quenstion encore plus spécifique : la plupart des joueurs n'ont-ils pas plusieurs problèmes ? Les problèmes des parieurs sportifs sont-ils les mêmes que ceux des joueurs de craps, de blackjack ou de poker ?

Dans beaucoup de cas, la réponse est oui bien sûr. Pourtant, diriez-vous que quelqu'un qui a un problème avec l'alcool a la même dépendance qu'un boulimique ?

Ou encore pour être plus précis, est ce que le problème lié à l'abus d'alcool est le même pour une personne qui ne boit que les weekends, qui aun travail et une famille, en comparaison à une personne sans domicile qui boit dans la rue ?

Il est préférable de cerner les subtilités qui entourent une addiction quand le traitement, la prise en charge ou les cures sont pris comme des objectifs. Regardons donc dans le détail le problème du jeu, et voyons comment le « problème du poker » ressemble à celui des jeux d'argent et comment il en diffère.

La partie clé qui distingue le poker des autres formes de jeux est simplement le fait que lorsque vous jouez au poker, vous ne jouez pas contre la "maison" ou la "banque", c'est à dire le casino. Le poker n'est pas légalement un jeu d'adresse, mais il ne donne pas un avantage certain au casino dans la partie. Dans le casino, le cercle de jeux ou la salle de poker online, la « maison » collecte un droit d'entrée pour accueillir la partie mais la compétition se fait entre les joueurs à la table. C'est ce facteur clé au poker qui différencie les enjeux du « problème du poker » des autres formes de jeux.

Le problème du jeu d'argent, c'est le comportement face au jeu qui cause des perturbations dans tous les domaines de l'existence : psychologique, physique, social ou professionnel. Le « problème avec le jeu» ne se limite pas au jeu «pathologique» ou «compulsif», c'est à dire «une dépendance progressive caractérisée par une préoccupation croissante pour le jeu, un besoin de miser plus d'argent plus souvent, une agitation ou une irritabilité lorsqu'on tente de s'arrêter, le désir tenace d'effacer ses pertes et une perte de contrôle qui se manifestent par la poursuite de ce comportement de jeu malgré de sérieuses conséquences négatives» (selon la définition de l'Association Américaine de Psychologie).

Le poker « live » est différent du poker virtuel. Les autres joueurs (d'autres personnes) témoignent de vos pertes; il y a bien plus à perdre qu'une simple mise. Perdre constamment et lourdement à une table de poker implique de mauvaises prises de décisions en public encore et encore et plonger la main dans votre poche encore et encore pour en sortir de l'argent. On s'exhibe en public en jouant au poker, c'est pourquoi de nombreux joueurs ayant un problème rencontrent leurs plus grandes pertes online.

Internet a apporté le problème du jeu chez nous... et sur nos lieux de travail; il l'a aussi rendu sans visages. Cliquer sur un bouton est bien plus simple et anonyme. Pour un drogué de l'action, même en étant un maniaque, cela signifie seulement 30 mains par heure dans une salle de poker. Sur Internet, les joueurs peuvent participer à 10 ou 20 parties en même temps. Le flot d'adrénaline venant des tables multiples est une addiction fascinante et effrayante.

De nombreux experts pensent que le jeu pathologique est une addiction causé par le « rush » qu'il vous procure quand vous gagnez ou que vous perdez de l'argent. Dans les tournois de poker, les meilleurs joueurs du monde perdent plus de 95% du temps. Dans des parties de cash game dans les casinos, vous pouvez jouer toutes les mains, mais pour une perte garantie qui, de plus, ne garantit pas forcément assez d'action.

Mais derrière le « rush » de gagner et derrière les gains, le poker offre une autre dépendance. Avec à la télévision, le poker propose désormais ce que l'on appelle la célébrité. A part Daniel Negreanu, connaissez-vous un joueur célèbre ? OK, maintenant nommez 15 joueurs de poker célèbres. Si vous lisez les informations publiées sur le site fr.PokerNews.com, et que vous avez lu cet article jusque là, nommez-en 10 de plus. Pas de problèmes, n'est ce pas ? La renommée, la célébrité, mais aussi la fortune semblent accessibles à tous, en jouant simplement au poker. De plus, même si vous ne gagnez pas les WSOP, vous pouvez jouer à la même table que Johnny Chan, Chris Moneymaker ou Greg Raymer (avec de très grandes chances de perdre).

« La célébrité, la fortune, le poker !». Drogue, sexe et rock'n roll en quelque sorte. Les comportements de dépendance ont besoin d'objectifs. Et le « rush » est clairement un type de drogue, tout comme la fortune ou la renommée.

La semaine prochaine, vous en saurez plus sur les caractéristiques spécifiques du problème du poker.

NDR : un problème avec le poker online ? Contacter un psychologue ADICTEL 24h/24, 7j/7 au 0805020000

PLUS D'ARTICLES

Qu'en pensez-vous ?