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Le psy du poker : qu'est ce que la psychologie au poker ? (III)

Le psy du poker : qu'est ce que la psychologie au poker ? (III) 0001

Dans les deux articles précédents, j'ai pu parler de l'utilisation de la psychologie dans le poker. Nous savons tous que la tromperie fait partie intégrante du jeu. Quiconque a un niveau de connaissances supérieur au niveau des amateurs/débutants sait que donner de fausses informations à vos adversaires fait aussi partie du jeu. Mais nous savons aussi que savoir donner des fausses informations n'est pas vraiment un secret. Ici, nous entrons dans le royaume de la psychologie inverse.

« La psychologie inverse est le terme décrivant la conséquence d'événements où la promotion d'une ligne de conduite persuade quelqu'un de faire l'inverse de ce qu'il devrait. » (Wikipedia)

C'est précisément ce que nous faisons quand nous donnons de faux indices. On anticipe le fait que les joueurs à la table qui sont capables de lire les informations verront nos faux signaux et interpréteront de façon incorrecte notre main. Ou bien : nous jouons des coups lorsque les mains ne sont pas chères pour amener des joueurs à croire que nous jouons d'une certaine façon dans l'espoir d'utiliser cette fausse information pour gagner une grosse main.

Ces deux aspects d'un solide répertoire de poker tombent dans la catégorie de la psychologie inverse. Prenons un exemple pour chaque.

Premièrement une fausse action pour donner une image de votre jeu que vous inverserez plus tard.

La nuit dernière, je jouais une partie à 4$/8$ au « Gold Strike » à Tunica, lorsqu'un joueur que je connaissais s'est assis à ma droite. Je le connaissais car je l'avais vu gagner un « bracelet » WSOP et aller loin dans d'autres tournois majeurs. Alors, en effet, j'étais surpris de le voir s'asseoir à une table à 4$/8$ mais il mentionna tout de suite qu'il tuait le temps en attendant qu'une place en « no-limit » soit disponible.

Il a joué ses six premières mains distribuées, en a perdu cinq, en a gagné une sur un coup de chance énorme et a montré ses cartes à chaque fois. Ensuite, il a un peu ralenti le rythme et, en quelques mains, il a réussi à empocher environ 350$. Tout le monde à la table (sauf moi, je l'avais vu gagner le bracelet rappelez-vous) mais vraiment tout le monde en avait après ses jetons. Quand ce fut fini, et après que tout le monde se soit couché devant moi suite à une relance «under the gun » avec une paire de Rois, il s'est penché vers moi et a dit :

« Tu sais si tu perds 30 ou 40 dollars quand tu t'assieds au début, ces gars suivront ta paire de Rois. »

Un exemple parfait et simple de la psychologie inverse. Montrer un style de jeu qui n'est pas le vôtre et le montrer lorsque tout le monde observe le nouveau venu à la table. Ces lectures précoces ont tendance à durer longtemps après que vous ayez changé votre jeu.

Montrer un indice dans une situation opposée de ce qui est attendu.

L'autre utilisation de la psychologie inverse est un peu plus compliquée. Dans cet exemple, vous montrez un indice que la plupart des joueurs à la table vont reconnaître. Mais vous le montrez dans la situation opposée de ce qui est attendu. Exemple simple : la plupart d'entre nous savent que lorsqu'un joueur observe le flop et immédiatement après regarde ailleurs, le flop lui a été favorable. Les joueurs regardent instinctivement ailleurs car ils sentent que regarder le flop avec insistance signifie que vous appréciez le flop. Donc, si votre regard fuit rapidement le flop, quelques joueurs croiront que le flop est bien pour vous.

Lire en utilisant la psychologie inverse

Maintenant voici le gros problème qui se pose avec la psychologie inverse. Si les autres joueurs connaissent les faux indices, ils peuvent vous lire en utilisant la psychologie inverse ; donc ils peuvent vous voir fort lorsque vous faites semblant d'être faible parce qu'ils jugent que vous êtes un assez bon joueur pour donner une fausse information. Donc, ils pensent que vous pensez qu'ils pensent que vous penseriez que si seulement ils avaient pensé que…….

Mais c'est si simple ! Tout ce que j'ai à faire est de deviner à partir de ce que je sais de vous : êtes-vous le genre d'homme à mettre du poison dans votre propre verre ou dans celui de votre ennemi ? Un homme intelligent mettrait le poison dans son propre verre, parce qu'il sait que seul un fou prendrait ce qu'on lui donne. Je ne suis pas un fou donc je ne peux clairement pas choisir le verre de vin en face de vous. Mais vous deviez savoir que je ne suis pas fou et vous avez sans doute compté là-dessus donc je ne peux clairement pas choisir le vin en face de moi.

Personne n'a dit que c'était facile… La prochaine fois, le mot de la fin sur la psychologie, la psychologie inverse et le poker.

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