26 Décembre 2009, Jonathan Tamayo

A travers notre nouvelle série d'articles 'Stratégie Elite', PokerNews donne la parole à quelques uns des meilleurs joueurs du monde, qui vous expliquent ce qui se passe dans la tête des plus grands professionnels lorsqu'ils se montent un tapis.
Agé de 24 ans, Jonathan Tamayo a déjà accumulé plus de 1.000.000$ de gains depuis le début de sa carrière. Il est aussi respecté en 'live' que sur Internet. A ce jour, son plus gros score reste sa 21ème place au Main Event des WSOP 2009, qui lui a rapporté 352.000$ et une grosse couverture télé de la part d' ESPN. Mais ce dont il est le plus fier, c'est d'être passé à deux doigts d'un bracelet aux WSOP, après sa seconde place au tournoi de 'Mixed Hold'em' à 1.500$ en 2008.
La "relance au turn en semi-bluff" est l'un des moves les moins utilisés au limit hold'em, en dépit de sa grande rentabilité. Je recommande de l'utiliser en head's-up, lorsque vous avez la position sur votre adversaire et qu'il vous reste encore une dizaine d'outs possibles à la rivière.
Souvent, après que vous ayez effectué votre relance pré-flop et que le big blind ait défendu (callé), ce dernier contrera votre mise de continuation standard au flop par un check-raise. Vous verrez aussi des joueurs se contenter de payer avec un tirage ou une main médiocre, histoire de voir une carte supplémentaire. Mais la plupart du temps, au turn, votre adversaire misera à hauteur du pot afin de vous forcer à coucher votre main.
Dans cette situation, la plupart ds joueurs calleront automatiquement pour voir la rivière. A moins que leur main se soit améliorée, auquel cas ils relanceront pour tenter de la valoriser.
Utiliser le 'turn semi-bluff raise', que vous ayez une main ou pas, déstabilisera votre adversaire, qui ne saura plus quoi penser. Placer plusieurs 'semi-bluffs' au turn durant une partie vous rendra illisible. L'autre joueur aura beaucoup de mal à vous mettre sur une main précise. Et c'est encore plus efficace contre les joueurs les moins doués techniquement.
Si vous jouez contre de meilleurs adversaires, ils comprendront rapidement ce que vous êtes en train de faire mais ne voudront pas prendre de risques. Ils auront ainsi souvent tendance à coucher ce qui, après tout, ne constitue peut-être que la seconde meilleure main. En utilisant occasionnellement le semi-bluff au turn, vous désorienterez vos adversaires et encouragerez en outre les plus mauvais d'entre eux à vous payer lorsque vous améliorez ou que vous disposez déjà d'une solide main faite.
Supposez que vous participiez à un cash-game de limit hold’em à six joueurs, avec des blindes à 30$-60$, que vous receviez 
au cutoff et que vous relanciez. Le big blind défend et le flop vient 

. Le big blind checke jusqu'à vous, vous misez et il vous relance. Vous callez et le turn est une
, qui vous donne deux overcards et un tirage de quinte flush royale. Votre adversaire mise. C'est le moment parfait pour relancer parce que, dans l'esprit de votre adversaire, vous pourriez très bien avoir déjà une Dame, une overpaire ou même un brelan.
Si le joueur en face de vous dispose d'une main comme Valet-Neuf assortis, il aura une décision très difficile à prendre. S'il calle, il le fera vraisemblablement jusqu'à la rivière. S'il ne calle pas, il couchera fréquemment la meilleure main. Si, enfin, votre adversaire était lui aussi en semi-bluff avec un tirage, c'est vous qui possédez la meilleure main, avec de grandes chances de bénéficier d'un abattage gratuit à la rivière.
Ce qui rend ce move profitable, c'est que, si vous êtes payé, n'importe quel Dix vous propulse en tête, de même que la plupart de vos outs pour faire la couleur. Fréquemment, l'As, le Roi ou les deux overcards seront bonnes également. Supposons que l'autre joueur ait 
, soit une paire moyenne. Vous disposez maintenant de 18 outs contre lui, ce qui vous donne environ 41% de chance de remporter cette main s'il décide de caller. Et si jamais vous touchez l'un de vos outs, vous aurez encore une nouvelle occasion de miser à la rivière. Grâce à l'argent déjà investi au pot, votre adversaire n'aura pas besoin de se coucher souvent au turn pour que l'exercice soit profitable.
Et s'il ne tombe pas dans le piège et vous paie jusqu'au bout, montrer vos cartes au reste de la table vous rapportera sans doute de juteux dividendes. Notamment lorsque vous déciderez plus tard de relancer au turn avec un monstre.
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