Opération Poker : Quand L'Armée Française S'Entraine aux Raids Aériens Nucléaires
Le nom a tout d'un film de James Bond : "Opération Poker". Dans les faits, la réalité dépasse la fiction puisqu'il s'agit bien du nom de code donné par l’armée de l’Air et de l’Espace à un exercice mené dans la nuit du 16 au 17 mars.
Comme le décrit l'armée, "cette opération vise à réaliser un raid nucléaire d’entraînement au-dessus du territoire national par la composante nucléaire aéroportée permanente".
Ainsi, ce sont une quarantaine d'aéronefs (Rafales, Mirages 2000, avions-radars, ravitailleurs...) qui ont été mobilisées dans la nuit et au petit matin pour simuler un tir de missile nucléaire par les forces aériennes stratégiques (FAS).
"Cet entraînement « grandeur nature » s’est déroulé dans le ciel français, de la Bretagne au Massif central, en passant par l’Atlantique et la Méditerranée. Il s’inscrit dans le cadre des quelque 70 exercices annuels organisés par les FAS, dont certains sont conduits de manière plus discrète", poursuit l'armée.
Un exercice de dissuasion dans un contexte géopolitique tendu
Pour ce qui est de l'"opération Poker", elle n'a rien d'inédite puisqu'elle est répétée quatre fois par an. Mais ce dernier exercice, le deuxième de l'année, entre dans un contexte géopolitique particulier, avec les différents conflits, notamment au Moyen-Orient, qui ont provoqué des répercussions jusque dans le monde du "vrai" poker.
Face à ces tensions, la communication sur cette "opération Poker" arrive aussi au moment où la France met en avant sa dissuasion nucléaire, comme avec le discours du président de la République Emmanuel Macron à l'île Longue le 2 mars dernier, ou l'annonce du nom du futur porte-avions "France Libre" faite quelques heures après l'exercice "Poker".
"Nous ne bluffons pas. C’est un moyen de démontrer à notre adversaire notre capacité à exercer la mission", confirmait d'ailleurs l'état-major des FAS aux différents journalistes présents lors de l'exercice.
Photo : Armée de l’Air et de l’Espace



