Mario Boos : "Je Fais Tout Pour Ne Surtout Pas Me Mettre la Pression"
C'est le grand jour ! À partir de 3 heures du matin dans la nuit de lundi à mardi, le Français Mario Boos se lancera dans la course au titre du Main Event des WSOP au Horseshoe Las Vegas. Déjà assuré d'un million de dollars, il pourrait devenir le premier Français à remporter le tournoi le plus prestigieux du monde. Et à quelques heures de ce grand rendez-vous, l'Alsacien s’est confié à PokerNews sur sa préparation.
Bonjour Mario ! Première question simple : comment se sent-on à quelques heures d’une table finale du Main Event ? Tu disais ne pas réaliser lorsque la table finale s’est formée le 13 juillet dernier. As-tu eu le temps de réaliser depuis ?
Ça va tranquille ! J’ai essayé de ne pas me poser la question de si j'ai réalisé ou pas. Je veux vraiment rester dans ma bulle pour continuer à jouer de la même manière, garder mes sensations et ne pas sortir de cette bulle. Je pense que les gens, quand ils commencent à réaliser, c’est là qu’ils se mettent une pression qui ne sert à rien et qu’ils se posent des questions comme : « Si je fais sixième, je fais quoi ? Si je fais huitième, je fais quoi ? » Moi, je joue mon jeu et on verra.
Tu as dû recevoir énormément de messages depuis que tu as sécurisé ta place en table finale. Comment as-tu vécu cette vague de soutien et ce changement de statut auprès des amateurs de poker ?
Ça fait plaisir. J’étais déjà beaucoup sur le circuit suisse et français, mais là c’est x50, x100, x1 000 ! J’ai reçu une tonne de messages de Français qui me disaient : « Comme on a merdé la Coupe du monde, tu es notre dernier espoir. » Ça fait plaisir de ouf. La Suisse me soutient aussi, des Allemands également. C’est vraiment cool.
Depuis la fin de la première partie du Main Event, comment se sont passées ces presque trois semaines avant la table finale ? Comment s’organise une journée-type, par exemple ?
On a bag le lundi soir (le 13 juillet, ndlr), donc le mardi on a regardé le match catastrophique contre l’Espagne, et le mercredi je suis rentré en Suisse. Je me suis reposé deux ou trois jours, j’ai fait quelques restos avec les copains proches, puis on a commencé à organiser tout ce qu’il y avait à préparer, comme les vols et la villa.
Une fois que tout ça était fait, on a commencé la prépa. Je suis revenu aux États-Unis autour du 25 juillet et, depuis, c’était préparation jusqu’à il y a environ deux-trois jours. Maintenant, il reste encore quelques révisions, mais on a terminé le coaching. Sinon, salle de sport (je pense que j’ai repris au moins un des quatre kilos qu’il me manquait), un peu de piscine, on joue à l’Open Face Chinese (OFC), quelques bières et cocktails le soir. Vraiment, je fais tout pour ne surtout pas me mettre la pression et juste rester avec les copains.
Sur la partie plus technique, tu t’es entouré de coachs, notamment Adrien Delmas et Davidi Kitai. Comment le rapprochement s’est-il fait avec eux et comment se passe votre travail ?
Avec Davidi, il avait pris des parts sur tout mon Vegas, donc on était en contact depuis le début de mon séjour, début juin. Pendant le Main Event, ça s’est intensifié jusqu’à la table finale. Le lendemain, Nicolas « Chèvre.Miel » Vayssieres est venu me voir pendant le match France-Espagne pour me dire : « Adrien serait chaud pour t’aider. » J’ai donc pris note de ceux qui étaient motivés et, avec Dav’ et Benji [Hamman], on a choisi Adrien.
Sur quoi s’est concentré votre travail ?
Il m’a vraiment apporté un plus, ça c’est sûr. Il y a quelques aspects que je maîtrisais inconsciemment, et il m’a permis de prendre davantage conscience de certains spots. On a travaillé l’ICM, parce qu’elle est très particulière en table finale du Main Event, et on a aussi bossé un peu la théorie. La théorie, on la connaît, mais c’est surtout savoir comment l’appliquer et à quel moment.
Quel sera ton plan pour aborder cette table finale avec une configuration où tu commenceras avec le sixième tapis sur neuf ? Est-ce qu’il y a des joueurs dont tu te méfies davantage, notamment Lucas Jumalon, qui est large chipleader ?
On n’a pas peur en Alsace ! Lucas [Jumalon] avait déjà un très gros tapis depuis un moment. Je l’ai déjà joué pendant deux jours et ça ne s’est pas trop mal passé.
On a une vraie stratégie mais je ne vais rien dire dessus. Mon plan est à ne surtout pas dévoiler ! Je pourrai tout dire post-TF et on verra si ça aura marché.
Sur les autres joueurs, on n’a pas peur en Alsace ! Lucas [Jumalon] avait déjà un très gros tapis depuis un moment. Je l’ai déjà joué pendant deux jours et ça ne s’est pas trop mal passé. On s’est écrit depuis sur Instagram. On a réagi à nos stories, mais très amicalement. On a juste rigolé sur la musique qu’on allait choisir pour monter sur scène et deux ou trois autres trucs comme ça, mais c’est tout.
Concernant la table finale, au delà des joueurs, les WSOP ont annoncé le retrait de la shot clock. Son apparition avait fait beaucoup de bruit au Jour 7. Quel est ton sentiment sur le sujet ?
Le truc le plus embêtant, c’est qu’ils changent d’avis pendant le tournoi. Les dix premières minutes, ça m’a carrément fait chier parce que je ne le savais pas et que je n’étais pas préparé à ça. Ça faisait six jours qu’on jouait de la même manière et, d’un coup, ils changent parce qu’ils ont décidé de changer. C’est ce changement radical qui m’a agacé.
Mais après le premier niveau, je me suis rendu compte qu’il y avait pas mal de joueurs récréatifs dans le field et qu’eux galéraient vraiment sur des décisions pourtant assez simples. Des spots comme les défenses de blindes où, si tu as un peu bossé, tu sais quoi faire. Eux ont vraiment gaspillé des time banks sur des décisions assez simples. Je me suis donc dit que j’avais un petit edge parce que, même si ça m’agaçait, ça embêtait encore plus les autres.
Mais le fait qu’ils les enlèvent, comme le fait qu’ils les aient mises, ce n’est pas que ça m’avantage ou me désavantage. C’est juste que c’est chiant. Prenez une décision et tenez-vous-y du début à la fin.
Comment vont se passer les dernières heures avant la table finale ? Tu es notamment été repérer le plateau télé où la table finale aura lieu…
Caro [Darcourt] nous a fait passer par des catacombes du Horseshoe, pas vraiment légales je pense, pour y aller. Mais il n’y avait personne, à part moi et les gens qui montaient la scène. C’était surtout pour montrer le plateau à des copains qui n’étaient pas là avant et qui ne l’avaient pas vu au Paris. C’est la même scène qu’au Horseshoe, donc je ne suis pas impressionné.
Sinon, on continue de faire ce qu’on fait depuis le début. On saute dans la piscine, on joue au foot, au ping-pong. On commence juste à se limiter à deux ou trois bières par soir parce que le grand jour approche.
Le début de la table finale sera à suivre à partir de 3 heures du matin dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 août sur Winamax TV et Eurosport.







