Blog : les états d'âme du « furious french man »

Blog : les états d'âme du « furious french man » 0001

Thomas Fougeron est l'une des valeurs montantes du poker français. Depuis mai 2005, « The furious french man » tient un blog sur la toile pour relater ses performances, et ses déboires, en tournoi.

Agé de trente ans, le joueur de Boulogne-sur-mer responsable d'une société de services informatiques a déboulé sur les tournois internationaux fin 2004. A l'instar des joueurs de la nouvelle génération, il attaque le gotha du jeu après s'être fait la main lors de parties privées et sur Internet. C'est d'ailleurs des salles virtuelles que lui vient son surnom anglophone soulignant un style agressif. « Fougan », son sobriquet en France, devient « le français furieux » en décembre 2004 au Casino Bellagio de Las Vegas. Tout droit sorti des satellites PokerRoom, il participe alors au "Five Diamond World Poker Classic".

Ses premiers résultats notables arriveront en 2005 avec notamment une cinquième place au championnat d'Italie en février et trois tables finales à l'Open de Paris en mai. Il se classera 44ème et 46ème dans les premiers tournois des World Series en juin à Las Vegas et 13ème à l'Open de Barcelone en septembre. Après un passage à vide à l'EPT du Grosvenor Casino de Londres en octobre et au 5.000€ des Master Classic d'Amsterdam en novembre, il s'est à nouveau qualifié samedi 26 novembre pour le "Five Diamond World Poker Classic" via les tournois satellites de PokerRoom (« WPT Qualifier »).

Qu'est ce qui fait courir « The furious french man » ? Entretien.

Thomas Frangel : Quel est ton rapport au poker ?

Thomas Fougeron : J'ai toujours joué aux cartes. Tout gamin, je suis tombé sur une retransmission du championnat du monde à la télévision. Je me rappelle aussi de cet ancêtre du magazine "Card Player" sur lequel je suis tombé par hasard à Londres, un peu plus tard. Etudiant, j'ai toujours beaucoup joué notamment au rami dans les bistrots, des parties clandestines. Et puis il y a eu Internet, et j'ai gagné beaucoup. Mais en avril dernier, j'ai eu des états d'âme. Ce qui m'intéresse n'est pas l'argent... mais la gloire. Je me suis dit que je ne jouerai plus qu'en tournoi. Je joue pour le titre. Quelque part, je veux réaliser un rêve.

Thomas Frangel : Que retrouve-t-on de si particulier dans les tournois ?

Thomas Fougeron : L'adrénaline. Il y a la pression, l'ambiance des grands hôtels, ce monde d'argent qui forcément t'éblouit... Dans les tournois, il faut jouer les meilleurs coups. Parfois, tu dois jouer un très gros coup, celui qui te donne un maximum d'adrénaline. C'est extraordinaire à vivre. Tu sais qu'à la fin, tu connaîtras une joie énorme ou bien une déception intense. La pression est très, très importante. Je sais que sur une partie de carte, ma vie peut changer. Et je ne parle pas seulement de l'argent, mais surtout de la reconnaissance.

Thomas Frangel : Quel est la différence entre les pros et les autres ?

Thomas Fougeron : Le professionnel a l'avantage psychologique sur toi. Et il en profite. Ensuite, tu sais qu'il ne va pas jouer des coups à l'envers, où le hasard intervient de trop. Les débutants, eux, compte trop sur la chance. Face à eux, tu n'es jamais à l'abri d'un accident. Alors que lorsque tu deviens bon, tu évites au mieux de jouer sur la chance. Tu évites de te mettre dans des situations périlleuses. De fait, contre les jeunes et les joueurs inconnus, tu prends plus de risques. Ils sont difficiles à manipuler car en plus ils jouent agressivement. Et des jeunes dans les tournois européens, il y en a de plus en plus, ils arrivent surtout des pays du nord de l'Europe, de Suède, mais aussi du Danemark et de Finlande. Dans les pays scandinaves, le poker devient un véritable sport national. Ces jeunes se sont formés sur Internet. Ils jouent vite et beaucoup de coups, bref, ils ne sont pas faciles à jouer.

Thomas Frangel : Quelles améliorations dois-tu apporter à ton jeu pour ce titre ?

Thomas Fougeron : On apprend tout le temps. Mais il s'agit moins d'améliorer son jeu que d'avoir la réussite et d'aller au bout. En gros, d'avoir des résultats et l'occasion de briller dans un tournoi. Le poker est un jeu où le hasard prend beaucoup de place tout de même. Il faut beaucoup de chance pour gagner un tournoi. Et la réussite, c'est provoquer la chance sur certains coups. Par exemple, si j'ai un gros jeu, c'est-à-dire un jeu max, et si le joueur d'en face n'a rien, je ne gagnerai rien.

Et puis, en marge de la réussite, il me faut aussi trouver des fonds car la participation à des tournois coûte très cher. Au bout du compte, c'est très difficile d'être gagnant, à mois de faire un gros résultat. Les stars, elles, ont imposé une image, elles bénéficient de sponsors et de gros contrats. Regardez Hachem, il devrait gagner beaucoup plus grâce au contrat passé avec "PokerStars" qu'avec les tournois auxquels il participe. C'est pour cela que je dis toujours que le poker est un sport dangereux. Je reçois des emails de gamins qui veulent arrêter de travailler parce qu'ils ont gagné 2.000$. Mais il faut savoir que l'on peut gagner de grosses sommes, tout comme les perdre. C'est pour cela que je parle de gloire, et pas d'argent.

Thomas Frangel : Tes prochains projets ?

Thomas Fougeron : Aller faire faire la fête aux américains au Bellagio! Je m'en vais la semaine prochaine à Las Vegas. C'est la seconde fois que je me qualifie pour le "Five Diamond World Poker Classic". Ce tournoi mondial réunit les meilleurs joueurs. Ce tournoi sera doté d'une dotation d'à peu près sept millions de dollars. Cette fois, j'espère montrer aux américains qui est le patron. Je ferai bien entendu un rapport quotidien sur mon blog.

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