Calvin Anderson Remet Ca! Il Remporte son 7e Bracelet sur le $10K H.O.R.S.E.
“Nous revoilà. C’est comme si nous n’étions jamais partis.”
C’est avec ces mots que Jeff Platt, présentateur des World Series of Poker, a accueilli Calvin Anderson après sa victoire face à Josh Arieh au terme d’un court heads-up dans l’Event #54: $10,000 H.O.R.S.E. Championship. Quelques jours plus tôt seulement, Anderson se trouvait déjà sur cette même scène pour recevoir son sixième bracelet WSOP après sa victoire dans le $10,000 Razz Championship. Il n’aura finalement attendu que quelques jours pour décrocher le bracelet n°7. Côté tricolore, Nicolas Milgrom signe une jolie septième place.
Anderson a remporté le premier prix de 413 580 $ après avoir dominé un field de 189 joueurs et décroché un trophée qui le fait entrer encore un peu plus dans le panthéon des plus grands joueurs de poker. Il devient seulement le 18e joueur de l’histoire des WSOP à remporter sept bracelets, et rejoint Naoya Kihara dans le cercle très fermé des joueurs ayant gagné coup sur coup deux Championship Events à 10 000 $. C’est un accomplissement impressionnant en très peu de temps pour un joueur qui possédait déjà un palmarès exceptionnel aux WSOP. Mais pour Anderson, ce sont avant tout le plaisir de jouer et la concentration nécessaire pour venir à bout de ces fields remplis de stars qui comptent vraiment.
Résultats de la table finale de l’Event #54: $10,000 H.O.R.S.E. Championship
| Place | Joueur | Pays | Prix |
|---|---|---|---|
| 1 | Calvin Anderson | United States | $413,580 |
| 2 | Josh Arieh | United States | $275,620 |
| 3 | John Veltri | United States | $190,150 |
| 4 | Yannick Jobin | Switzerland | $134,350 |
| 5 | Robert Mizrachi | United States | $97,270 |
| 6 | David Bach | United States | $72,200 |
| 7 | Nicolas Milgrom | France | $54,990 |
| 8 | David Lin | United States | $42,990 |
“Mon esprit ne fonctionne pas comme ça”, a-t-il admis après coup.
“S’il s’en souciait, il aurait 20 bracelets, minimum”, a lancé son ami Ray Fishman depuis son imposant rail.
“Je ne pense pas vraiment à ce genre de choses. Je veux juste avancer, vous voyez ? Je pense simplement à la prochaine étape”, a ajouté Anderson.
"J’ai l’impression que c’est ici que je suis à ma place" : Anderson garde le cap lors d’une table finale marathon
La semaine passée a vu Anderson survivre à deux tables finales éprouvantes pour en sortir à chaque fois vainqueur. Il a eu peu de temps pour se reposer, mais l’excitation de la victoire a largement dépassé toute sensation de fatigue qu’il aurait pu ressentir. “Pas beaucoup de sommeil, mais c’était génial. Je m’amuse beaucoup, vous savez. J’ai l’impression que c’est ici que je suis à ma place, quand on gagne comme ça. C’est clairement une belle sensation”, a-t-il déclaré.
Anderson a commencé la journée en tant que chipleader parmi les 11 derniers joueurs revenus dans la salle de bal du Paris Las Vegas à 13h00, heure locale. La table finale s’est rapidement dessinée avec les éliminations de Brian Yoon et Ariel Mantel, tandis que Chris Brewer, David Lin, Nicolas Milgrom et David Bach ont été les premières victimes de cette finale.
Anderson, Arieh et John Veltri se sont ensuite échangé le chiplead à plusieurs reprises, avant qu’Arieh ne trouve un as sur la septième street pour éliminer Robert Mizrachi en cinquième place et s’installer solidement en tête du classement. Arieh a également éliminé Yannick Jobin en quatrième place, avant qu’un duel à trois éprouvant, combatif et parfois tendu ne s’installe pendant près de cinq heures. Anderson et Veltri ont échangé quelques mots vifs après qu’il a été décidé que Veltri n’avait pas effectué une relance légale. Les trois joueurs se sont partagé le chiplead à de nombreuses reprises avant qu’Anderson ne prenne finalement le contrôle et dépasse les 8 000 000 jetons.
Veltri a finalement été celui qui a cédé, tombant en troisième place après qu’Anderson a trouvé une quinte en Stud Hi-Lo. Anderson menait Arieh 8 700 000 contre 2 640 000 au début du heads-up, puis a remporté un gros pot en Seven Card Stud lorsque Arieh a fold sur la septième street, ne lui laissant plus que deux grosses mises. Arieh est bien parvenu à doubler une fois, mais il a ensuite vu sa quinte se heurter à la couleur d’Anderson, le futur Hall of Famer passant tout près d’un huitième bracelet.
Une vie saine et une concentration constante, les clés du succès d’Anderson
Pendant les longues heures de jeu à trois, Anderson ne s’est pas concentré sur le temps qui passait ni sur les changements de dynamique, mais plutôt sur les éléments qu’il pouvait contrôler. “On a joué un bon moment. Je ne sais même pas combien de temps exactement, mais comme je le disais, je n’y pense pas vraiment. Je joue, tout simplement. Je ne comptais même pas vraiment mes jetons non plus. Je me disais juste : ok, quel est le meilleur move dans cette situation ? Et je vais essayer de le faire”, a-t-il expliqué.
Anderson attribue sa capacité à tenir dans ces épreuves d’endurance à une hygiène de vie saine et au fait d’éviter tout ce qui pourrait nuire à son jeu. “Je fais ça depuis toujours, je suppose. Je prends pas mal de compléments. Je ne bois pas. Je mange assez sainement, donc tout ça aide beaucoup aussi. Le simple fait d’éviter tout ce qui demande beaucoup d’enzymes pour être digéré et qui finit par vous fatiguer, ça compte. Je ne fais pas beaucoup de ces choses-là. Je crois que le joueur qui a terminé troisième buvait un peu, et au bout d’un moment, ça finit par peser”, a-t-il déclaré.
"Je prends pas mal de compléments. Je ne bois pas. Je mange assez sainement."
Les sept bracelets d’Anderson ont été remportés dans une grande variété de formats. Son premier est venu en Stud Hi-Lo. Il a remporté deux fois le Razz Championship. Et il compte désormais deux victoires en mixed games, après son succès dans le $10,000 Eight-Game Mix il y a deux ans. Il reconnaît ne pas être un expert dans toutes les variantes, mais savoir s’adapter et ajuster son jeu en fonction des forces et faiblesses perçues de ses adversaires est l’une des principales raisons de sa réussite dans ces events au fil des années.
“Tout dépend vraiment de contre qui vous jouez, parce que certains joueurs ont des jeux très forts et d’autres plus faibles. Donc j’essaie d’éviter les gens dans leurs variantes fortes. Pour préparer la table finale, j’ai parlé à quelques amis qui connaissent certains de ces joueurs et savent quelles sont leurs meilleures variantes. Et je suis adaptable, parce que j’ai l’impression que beaucoup de joueurs étaient assez bons en Limit Hold’em et en Omaha 8, ce qui est assez étrange. Ce sont des jeux à assez forte variance. Et j’avais l’impression de davantage briller dans les variantes de stud, donc c’est ce que j’essayais de faire compte tenu du line-up à la table finale”, a-t-il expliqué.
Un nouveau gros test attend Anderson dès demain
Anderson vise désormais le $50,000 Poker Player’s Championship, qui débute demain. Ses amis présents dans le rail ont plaisanté auprès des médias réunis autour de la table finale en leur disant qu’ils devaient se préparer à le revoir là dans quelques jours. En grande forme avant le plus gros tournoi de mixed games du calendrier, Anderson se sent bien dans son jeu. Mais il ne va pas pour autant attirer trop d’attention sur lui. Il laisse aux autres le soin de le placer parmi les favoris s’ils le souhaitent.
“Ma confiance ne fonctionne pas forcément comme ça. J’ai toujours eu confiance en moi, je suppose… mais je me sens mal à l’aise à l’idée de faire ce que beaucoup de ces gens font, à chercher l’attention et tout ça. Ce n’est pas vraiment mon style. Je suis plutôt quelqu’un qui soutient les autres, je dirais”, a-t-il déclaré.
“Jouer à ces variantes et voir beaucoup de joueurs faire beaucoup d’erreurs me donne davantage confiance, parce que la plupart des gens pensent que tout le monde est assez bon dans tous ces jeux et qu’ils sont relativement résolus. Mais j’ai vu beaucoup d’erreurs qui m’ont vraiment surpris. Donc je me sens clairement plus fort dans mon jeu.”
La victoire d’Anderson, son deuxième bracelet de l’été, va le propulser à la deuxième place du classement Player of the Year. Ce n’était pas forcément un objectif pour lui en arrivant sur ces Series, et il n’a pas joué le même volume que d’autres joueurs qui cherchent à le décrocher. La philosophie d’Anderson a été de jouer ce qu’il voulait, quand il le voulait, et de laisser les résultats parler d’eux-mêmes.
“Je pense que la plupart des bons joueurs jouent, puis s’ils réussissent, ils commencent à y penser une fois qu’ils ont réussi. Je suis dans cette catégorie”, a-t-il expliqué.
“Je ne suis pas arrivé sur ces Series en me disant que j’allais gagner le Player of the Year ou essayer de le gagner, nécessairement. Je joue simplement les events dans lesquels je pense être bon. J’ai sauté beaucoup de tournois… J’ai surtout joué ceux où je me sentais plus fort, ceux que j’avais envie de jouer. Je pense que c’est mieux de faire ce que l’on a vraiment envie de faire. Donc suivre ce que l’on veut vraiment faire, ce qui nous fait nous sentir bien, c’est, comme le dit Bashar, suivre son excitation la plus haute. Faire ça, pour n’importe qui, finit généralement par fonctionner.”
Cela a en tout cas parfaitement fonctionné pour lui. Anderson a trouvé la formule parfaite jusqu’ici, et il lui a fallu moins d’une semaine pour atteindre de nouveaux sommets dans sa carrière.



