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FPS Deauville : Un Ladies qui buzz

FPS Deauville : Un Ladies qui buzz 0001

En marge de l'ouverture de l'EPT Deauville se déroulait le Ladies Event (200+20€ - 6000 jetons - 30 minutes). Le tournoi a enregistré 83 inscriptions dont 20 joueurs soit 24% du field... de quoi faire réagir la communauté poker.

Sept gentlemen à 13 left et un tournoi qui ne ressemble pas à un Ladies traditionnel. 5 hommes dans les places payées et des spectateurs qui s'interrogent. Le Ladies de l'EPT Deauville a provoqué la polémique.

Les organisateurs ont tenté de décourager les inscriptions masculines mais la loi française ne permet pas de l'interdire ni de faire un buy-in différent selon le sexe des participants. Les joueurs se sont donc fait discrets en début de tournoi, mais une fois que deux ou trois avaient franchi le pas, de nombreux hommes se sont engouffrés. Au final, les hommes ont représenté 24% du field de ce Ladies. "Nous avons demandé aux joueurs de jouer le jeu et d'attendre le Men's Event (qui commençait 4 heures plus tard avec le même buy-in et la même structure de jeu, ndlr). Nous ne cautionnons évidemment pas la situation mais nous n'avons pas les moyens de l'empêcher. Des clients nous on instantanément dit que c'était de la discrimination de les interdire de jouer. Nous ne pouvions rien faire. L'organisation ne peut que décider d'accorder le trophée à la dernière Ladies en course", a indiqué Stéphane Godet, MCD du Casino Barrière de Deauville.

Faut-il arrêter les Ladies ? Ne faut-il pas un tournoi équivalent à la même heure pour éviter la tentation ? Faut-il afficher les hommes qui participent au tournoi ? Faut-il imaginer que les hommes qui participent soit obligés de donner un certains montant supplémentaire afin de mettre en place une cagnotte que la meilleure Ladies reverserait à l'association de son choix ?

Le diaporama du Ladies

Les réactions

"J'ai joué pour le plaisir, je ne savais pas que c'était un Ladies. Nous avons passé un très bon moment", a indiqué Thierry Derkx, vainqueur du tournoi.

Sabina Hiatullah

"Je n'aime pas ce qui se passe sur ce tournoi. Je veux jouer avec des filles... je pense qu'il faudrait appeler ce tournoi "Ladies and gay tournament" pour peut être en décourager certains. Laissez nous jouer toutes seules, ce n'est pas très gentil de faire ça. L'EPT organise cela pour nous, pas pour qu'un homme soulève le trophée. J'ai donné du "mademoiselle" aux hommes qui étaient à ma table pendant tout le tournoi... mais au final je suis surtout surprise qu'ils ne soient pas embarrassés de jouer ce tournoi", commente Sabina Hiatullah qui était la dernière Ladies en piste. Elle repart avec le trophée et se félicite "que de mauvais joueurs soient venus augmenter le prizepool".

"J'ai participé à ce tournoi pour la déconne, je m'embêtais car il n'y avait pas de tournoi disponible. Je n'ai pas joué sérieusement et j'ai sauté très vite. [...] Je trouve la réaction d'Alexandre Dreyfus (qui s'est montré très virulent sur Facebooket a mis les participants en catégorie LadyBoy puis Unisex, ndlr) exagérée et disproportionnée, nous sommes venus pour le plaisir du jeu", explique un des participants du tournoi, Stéphane Verbrugghe

"Légalement ils ont le droit de s'inscrire donc c'est compliqué de refuser. Mais si tu veux garder un Ladies il faut le faire bien... ce tournoi là est un tournoi bâtard. Respectons la loi mais arrêtons l'hypocrisie et n’appelons plus cela un Ladies. Il faut que l'organisation déconseille fortement l'inscription et faisons un tournoi comme aux WSOP avec un buy-in dix fois plus important pour les hommes", indique Véronique Robert, une joueuse suisse.

"Que des hommes soient là, c'est bien cela fait monter le prizepool mais si cela fait une Table Finale avec que des garçons autant ne pas faire de Ladies. Aujourd'hui j'ai l'impression de jouer un tournoi mixte, un tournoi habituel. Ce n'est pas forcément ce que j'espérais au départ", explique Claudine Couppe.

"C'est énervant pour ne pas dire que ça fait chi.. . Ce tournoi doit se faire entre femmes, là ça n'a pas de sens", déclare Aima Lempereur .

"C'est mon premier tournoi, je voulais essayer, expérimenter. J'ai été étonnée de voir autant d'hommes. L'expérience est mitigée", termine une joueuse préférant garder l'anonymat.

"C'est gênant autant d'hommes dans ce tournoi. C'est un tournoi pour les femmes et ils devraient respecter cela. Dans chaque sport où il y a des catégories où les genres sont séparés vous ne verrez pas un homme venir s'inscrire", dit Sofia Lovgren (PKR Pro)

Sofia Lovgren

"Ca ne me dérange pas que les hommes jouent un Ladies...mais je pense qu'ils ne devraient pas pouvoir gagner le titre. Ils peuvent venir s'amuser et participer pour le fun mais il faut que le nombre de participants ne soit pas trop important", ajoute Florence Allera, joueuse Française de l'année GPI

"Beaucoup de joueurs participent aux Ladies car la structure permet souvent un meilleur jeu et les tournois sont trop chers. Il faut plus de tournois avec un droit d'entrée plus petit afin que tous puissent faire l'expérience de jouer au poker sans se ruiner. J'aimerai que ce Ladies se termine avec une TF 100% masculine, au moins le sujet des Ladies serait posé", indique Aurélie Quelain .

"C'est mon quatrième Ladies et définitivement le pire. Je n'ai pas passé un bon moment, je ne me suis pas amusée ce soir. Il faut faire comme aux WSOP avec un buy-in plus important pour les hommes", déclare une joueuse russe du Ladies qui a préféré garder l'anonymat.

"Il faut attendre 5 heures pour jouer au Cash-Game, il n'y a rien à faire ici. La cohérence du programme est à revoir, il faut mettre un événement intéressant en parallèle. Après c'est de l'abus autant d'hommes sur un événement réservé aux Ladies", ajoute un spectateur.

"Je jouais mon premier Ladies, je m'étais qualifiée sur PokerStars et je suis là pour jouer au poker. Ca m'est égal qu'il y ait autant d'hommes que ce soir même si cela ne veut plus rien dire, au final je suis là pour jouer au poker donc cela ne change pas grand chose", termine Sabrina Hamdaoui.

Le classement du Ladies

  • Vainqueur - Thierry Derkx - 4 380 euros
  • Runner-up - Sabina Hiatullah - 3 120 euros
  • 3ème - Luca Dal Cerro- 2 046 euros
  • 4ème - Aima Lempereur - 1 570 euros
  • 5ème - Sofia Lovgren - 1 240 euros
  • 6ème - Jean Koja - 970 euros
  • 7ème - Claudine Couppé - 760 euros
  • 8ème - Andrew Ackah Miezan - 620 euros
  • 9ème - Sabrina Hamdaoui - 450 euros
  • 10ème - Pascale Pervez - 400 euros
  • 11ème - Marco Torres - 400 euros

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