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Stratégie du Poker: les bonnes mains de départ

Stratégie du Poker: les bonnes mains de départ 0001

Analysons deux situations.

Dans la première hypothèse, vous avez A-Q. Dans la seconde, vous avez Q-10. Une seule doit être choisie par vos soins. Laquelle d'entre elles selon vous?

- Vous avez AQ et êtes alors le deuxième à parler. Le premier joueur à parler, relance quant à lui de trois fois la grosse blind.

- Vous avez Q-10 au bouton et tout le monde passe avant vous.

Lisez ce qui suit, nous vous dévoilons la réponse.

Avant de s'intéresser à toutes les techniques et autres astuces permettant de devenir un bon joueur de poker après le flop, la chose la plus importante est en réalité celle de parvenir à déceler quelle main jouer, et à quel moment, ou plutôt à quelle position.

Lors de l'un de nos précédents articles, nous avons pu analyser une table illustrant à quel point une main de départ, toute mauvaise fusse-t-elle, pouvait évoluer selon la position du joueur à la table. Cet aspect implique en réalité la connaissance d'un autre principe fondamental du poker : vous avez bien plus besoin d'une meilleure main pour suivre une relance que pour ouvrir le pot avec une relance.

Ces connaissances font partie intégrante de celles dont vous ne pouvez vous passer et que tout joueur de poker bien avisé garde à l'esprit. il s'agit de ce que l'on nomme : le « gap concept ».

Ce concept signifie qu'il faut une main plus forte pour suivre une relance que pour soi même relancer. Selon les puristes, vous devriez diviser par deux le nombre de mains que vous vous apprêtez à jouer après avoir été relancé.

Dès lors, se pose la question de savoir quelle est la raison de l'existence de ce fossé, mais encore celle de savoir pourquoi soutient-on qu'il convient de faire appel à une division par moitié?

Si aucune relance n'est intervenue, il existe toujours une possibilité que le reste de la table passe après votre première relance et que vous preniez alors les blinds et les antes. Si en revanche, vous suivez une relance, ce résultat n'est plus possible et vous pouvez alors vous heurter à une main assez forte.

Imaginons que vous jouez contre un joueur ayant relancé vraisemblablement avec le même genre de mains que celles dont vous disposez. Suivre uniquement avec des mains supérieures vous donnera alors plus de chance de jouer avec la meilleure main.

Revenons donc à la question motivant notre propos : quelle est donc la main sur laquelle votre choix doit se porter ?

La réponse résulte d'un mélange de règles applicables à la position du joueur à la table avec celles émanant du « gap concept » . En suivant cette procédure hybride, vous ne disposerez d'autre choix que de jouer avec Q-10 plutôt qu'avec A-Q. Se trouver au bouton dans un pot non relancé habille de bien plus de chance votre main que le fait de se trouver face à une relance Under The Gun dès lors que vous êtes le deuxième à parler. Cet aspect change de façon drastique les mains de départ dont vous devez privilégier le jeu.

Le test A-Q

Ce test provient du poker en version limit, mais il s'applique parfaitement dans le cas d'une position précoce au jeu en version no limit. Ceci signifie que vous pouvez déceler si un joueur est un bon joueur, en étant particulièrement attentif sur son choix quant à passer ou non avec A-Q alors qu'un autre joueur a ouvert le pot pour une relance. La première hypothèse sus-cité fera de lui un joueur à redouter.

Limper dans le pot

L'éventail des options de relance ou du call d'une relance ne peut être ici envisagé. Certaines mains invitent d'elles-mêmes à « limper » dans le pot pour pas cher afin d'essayer d'obtenir une main très forte. Des mains comme des petites paires (2-2 jusqu'à 6-6 ou 7-7) et des cartes assorties qui se suivent ({j-Spades}{10-Spades}, {6-Hearts}{5-Hearts}, etc) peuvent en effet rapporter beaucoup avec un bon flop si elles donnent un brelan, une suite ou une couleur.

Ces mains doivent être jouées à la condition d'investir une quantité minime de votre tapis ( environ 5% semble convenir) ; la plupart du temps, elles ne touchent pas du tout le bon flop. Force est ici de constater que pour jouer ces mains, si vous ne touchez le flop que partiellement, vous ne devez pas vous attacher à votre main par la suite.

Une erreur récurrente survient lorsque, par exemple, vous avez 3-3 avec un flop J-10-2, ou 6-5 avec un flop A-J-5. La majorité des joueurs assimile l'application de ladite règle à un signe de faiblesse et refusent alors de jeter leur main. La situation est critique et peut ressembler à cela :

- Vous êtes probablement bien derrière à ce moment et avec très peu d'outs ; tout au plus 5 outs avec la main 6-5, et seulement 2 avec 3-3.

- Si vous êtes devant avec ces petites cartes, l'autre joueur tirera des cartes très vivantes. Sur le flop AJ5, si votre adversaire a K-Q, il a besoin d'un Roi, une Dame ou un 10 (ou bien un As et un Valet). Cela ne vous donne pas plus de 60% de chance de remporter le pot bien que vous soyez placé devant.

Les mains pièges

Ce qui fait la noblesse de certaines mains pour « limper », (comme 9-8 assortis ou une petite paire), est qu'elles ne toucheront rien au flop la plupart du temps, mais que lorsqu'elles le feront, il s'agira d'une main énorme.

En revanche, un groupe de mains ont une nature provoquant l'inverse, ce sont les mains pièges. Bien qu'elles possèdent toutes les caractéristiques des mains fortes en apparence, celles-ci touchent très rarement un flop alors que votre position, vous rend confiant. En effet, elles ne se connectent que partiellement avec le flop et sont pour le moins difficiles à jeter.

Quelles sont ces mains pièges?

La main la plus typique est l'As "poubelle. Un As "poubelle" se réfère à toute main avec un As comme A-9 en position précoce. A-10 et A-J sont également constitutives de mains à problème.

Le moyen le plus simple d'améliorer votre jeu très rapidement est de cesser de jouer tous les As poubelles. Si vous avez A-7 et que le flop affiche A-62, vous vous trouverez en face des situations suivantes :

- Vous êtes devant mais vous disposez cependant d'une marge d'action envisageable sur la main très mince. Un nombre restreint de mains que vous battez vous rapporteront seulement.

- Votre adversaire a un As avec un gros kicker, ou même un brelan, il sera alors très difficile de vous sortir de ce schéma sans perte non négligeable.

L'autre main piège typique est K-J, K-Q en position précoce ainsi que des mains telle Q-J et J-10 non-assorties. Si K-J touche un Roi ou un Valet au flop, cela peut conduire au désastre face à des mains qui ont un meilleur kicker.

Les mains cachées

Une partie du problème avec ces mains pièges réside dans le fait qu'elles ne sont pas du tout masquées. Débarrassez-vous de ces As poubelles, et jouez plutôt une main aussi faible que 9-6 de cœur, même 10-9 dépareillés. Si vous touchez un flop, votre main sera au moins masquée et vous pourrez escompter être payés. Si vous relancez avec ces mains et que le flop apporte un As, il ne s'agit pas inéluctablement d'une mauvaise nouvelle. Utilisez en ce sens le flop pour faire croire que vous jouez une main poubelle et votre adversaire pourrait bien abandonner le coup, lui-même avec un As !

Les véritables poubelles

Les vraies mains poubelles sont évidentes en Hold'em ; les personnes parlent en plaisantant des mains comme 7-2 et 6-3 dépareillées.

Vous êtes désormais avisés que toute main poubelle avec une figure (K-2, Q-4 ou J-5 dépareillés) est tout aussi inutile et ne peut être considérée comme autre chose qu'une véritable poubelle !

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