Ouste... la petite mort en tournoi

  • Gareth ChantlerGareth ChantlerDavid  PoulenardDavid PoulenardMatthieu SustracMatthieu Sustrac
The Pain of a Poker Tournament Exit
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  • Gareth Chantler tente de vous faire réfléchir à la douleur d'une élimination en MTT... et vous offre une solution pour passer à autre chose.

Vous avez l'impression d'être anéanti lorsque vous perdez un 80/20 pour buster d'un tournoi ? Votre cerveau s'embrume quand vous êtes éliminé à la bulle d'une table finale ? PokerNews vous suggère quelques pistes pour atténuer la douleur d'une élimination en tournoi.

De nombreux joueurs expliquent que vous devriez progressivement tenter d'atteindre un état émotif stable, par la force de la volonté et de la pratique. C'est vrai, être éliminé blesse, un bad beat blesse, mais nous pouvons développer notre force mentale pour être un peu moins touché par ce genre de traumatismes.

Selon cette théorie, nous pourrions ainsi ressentir et présenter une image de placidité, supprimer des instincts négatifs comme la colère, la frustration, la peur. En s'entrainant à ne ressentir aucune émotion, à propos de quelque chose susceptible de nous toucher réellement, la durée et l'intensité de ce tilt devrait donc se réduire.

Une approche qui peut être intéressante, mais qui dans le poker mérite de sérieuses critiques.

Jouer des tournois nous fait souffrir

Tommy Angelo et Dara O'Kearney considèrent que sortir d'un tournoi en colère est en réalité une bonne chose. Angelo expliquant que c'est une partie du processus avant de prendre du recul et de retrouver la sérénité. Le second explique même que le fait d'être en colère ou frustré après une élimination n'a jamais eu de conséquences sur votre existence ou sur votre jeu par la suite.

Peut-être.

Gareth Chandlers se montre lui plutôt sceptique avec toutes ces positions, les considérant comme globalement insuffisantes. Pour lui, ce qui se passe lors d'un tournoi est important.

Selon lui, l'approche stoïque, qui consiste à être apparemment détaché de la mauvaise fortune qui vient de vous arriver, n'est pas forcément la bonne. Que se passerait-il si vous n'aviez pas perçu votre élimination comme un épisode malheureux ? Et si cela n'était qu'un détail qu'un joueur d'un niveau pas si différent du votre ait touché un tirage couleur pour vous éliminer ? Ou bien que la pire main ait gagné trois fois de suite à la bulle ? Ne peut-on pas pas décider que ce n'est que du bruit... sans aucune signification ?

Que se passerait-il si votre instinct, vos croyances et vos actions soient tous en parfaite harmonie, une harmonie qui ne peut provoquer aucune frustration ?

Posons la question différemment : Etes vous tilté par la manière dont les nuages se positionnent dans le ciel ? pourquoi pas ? Car vous n'y pensez jamais. Jamais vous ne regardez les nuages en vous disant 'quelle composition énervante aujourd'hui, regarde moi ces retards de cumulonimbus!'.

Quelle est donc la différence avec l'issue d'une situation particulière lors d'un tournoi de poker ? "Vous aviez probablement imaginé un futur alternatif plus glorieux... cela était votre première erreur. Trop d'anticipation tue l'anticipation et cette bévue est encore plus grave si vous êtes un professionnel ou que votre but est de faire du poker un métier", explique Gareth Chantler.

Le but c'est d'être heureux

Pour Angelo le but d'un joueur de poker est de pouvoir continuer à jouer aux cartes et donc de continuer à pratiquer une activité qui lui plaît. Il parle donc beaucoup du bonheur entant que but à atteindre pour tous les aspirants gamblers.

"Si nous aspirons au bonheur, notre capacité à être heureux ne doit pas être battue en brèche par des résultats sans signification. Notre bonheur ne dépend pas de la fin parfois abrupte d'un tournoi", propose Chantler.

Pour mesurer l'importance d'une victoire et progresser vers un esprit plus relax, analyser la différence entre votre état d'esprit (1) quand vous avez pris un shot et remporté la victoire et (2) quand vous avez pris un shot sans résultat, parfois en souffrant d'une séquence incroyable de calamités. Si la différence entre votre état psychologique dans les cas (1) et (2) est faible, plus vous êtes stable et plus vous gagnez.

Une mesure de gain est donc la distance entre vos humeurs (1) lorsque vous avez pris un gros coup de feu la veille et a remporté le tournoi, et (2) lorsque vous avez pris un gros coup de feu la veille et que vous n'avez rien reçu, peut-être Dans une séquence de calamités particulièrement improbable. Plus cette différence d'humeur est faible entre (1) et (2), plus vous gagnez... le droit d'être heureux et d'avoir un état émotionnel neutre qui vous entraîne dans un cercle vertueux au poker.

"Lorsque j'ai pris un shot sur le Main Event World Championship of Online Poker à 5200$ sur PokerStars, j'avais presque la totalité de mon action - ce que je ne conseille pas car cela représentait un gros pourcentage de ma bankroll et que j'avais probablement une espérance de gains négative sur ce tournoi. J'ai donc joué 9 heures sur ce tournoi et je n'ai pas fait l'argent", raconte Gareth Chantler.

"Quand j'ai sauté, j'étais fatigué, je suis allé me coucher et je me suis endormi très vite. Quelques heures après mon réveil, bien longtemps après le petit déjeuner, je me suis enfin souvenu que j'avais joué un tournoi de poker...", ni plus, ni moins.

Ce n'est que mon opinion mais pour moi c'est à cela que la victoire ressemble et c'est ce que l'on ressent quand on gagne. L'ingrédient essentiel pour l'expérimenter aussi c'est de réaliser que lorsque vous avez joué des tournois de poker pour la première fois, victime d'un enthousiasme effréné et très compréhensible, vous avez succombé à une illusion collective à laquelle notre cerveau est très vulnérable, à une erreur de perception et une mauvaise perspective qui vous fait croire que ce qui se passe durant un tournoi de poker est d'une importance cruciale pour votre vie.

Ouste... la petite mort en tournoi 101

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